• 31 janvier 2026

    Le transport à la demande : un nouveau souffle pour la mobilité à Bourg-en-Bresse

Repères locaux : Bourg-en-Bresse, un territoire en évolution, des besoins à couvrir

Avec près de 42 000 habitants selon l’Insee (2021), Bourg-en-Bresse évolue : nouveaux quartiers, population vieillissante, familles qui s’installent ou se relocalisent… Le réseau Rubis, opéré par Keolis pour la Communauté d'Agglomération du Bassin de Bourg-en-Bresse (CA3B), dessert efficacement le cœur de la ville et les principaux axes. Mais derrière ces bonnes performances, la demande citoyenne évolue : horaires décalés, zones moins accessibles, demandes ponctuelles ou spécifiques, notamment de la part des seniors, étudiants ou actifs sans voiture.

C’est dans ce contexte que le transport à la demande (TAD) trouve tout son sens : il ne s’agit plus simplement de dupliquer les bus classiques, mais de compléter, décongestionner, et surtout, cibler l’accessibilité là où les bus réguliers ne vont pas ou plus rarement. Zoom sur ce duo gagnant, désormais au cœur de la mobilité à Bourg-en-Bresse.

Le transport à la demande : comprendre son rôle et ses modalités à Bourg-en-Bresse

À Bourg-en-Bresse, le TAD est bien plus qu’une simple navette en supplément : c’est un service inclusif et intelligent. Il fonctionne sur réservation, via téléphone ou (nouveauté) en ligne, ciblant plus de 20 communes de la CA3B. Pour 2022, d’après les chiffres CA3B, 18 000 trajets TAD ont été recensés sur le réseau Rubis (source : CA3B), un chiffre en constante augmentation.

Comment ça marche concrètement ?

  • Un service disponible du lundi au samedi, de 6h30 à 19h30, sur réservation (par téléphone ou en ligne, de 2 semaines à 1h avant le départ selon l’horaire).
  • Des trajets sur-mesure : le véhicule s’adapte à la demande, en reliant des arrêts déterminés à l’avance ou, pour certains services PMR*, l’adresse précise (*personnes à mobilité réduite).
  • Tarif identique aux bus classiques Rubis (1,30 € le ticket), pour une équité d’accès confirmée.
  • Des véhicules adaptés : certains minibus PMR, d’autres véhicules de 5 à 15 places, selon le type de TAD.

Quand le TAD devient essentiel : quelles situations, quels publics à Bourg ?

Si le bus régulier structure les déplacements principaux (axe gare-centre-ville-Zénith, lignes 1/2/3), des besoins spécifiques persistent :

  • Zones d’habitat dispersé comme Péronnas, Saint-Denis-lès-Bourg : absence de lignes régulières suffisantes, demandes ponctuelles d’accès aux services de santé ou aux marchés.
  • Seniors : moins enclins à marcher longtemps pour rejoindre un arrêt, équilibre fragile entre autonomie et isolement. Le TAD permet des trajets “porte à porte”, ou presque.
  • Actifs pratiquant des horaires décalés : aides à domicile, agents d’hôpital, salariés du secteur agroalimentaire dans la plaine de l’Ain.
  • Jeunes et étudiants (lycées et campus) : choix élargi pour les déplacements hors heures de pointe.
  • Personnes à mobilité réduite : véhicules équipés, arrêts adaptés, accompagnement personnalisé.

D’après l’enquête mobilité 2019 de la CA3B, 21 % des ménages interrogés déclaraient “limiter leurs déplacements faute de solutions adaptées”, notamment au nord et sud de la ville (source : Observatoire Mobilité CA3B).

Le TAD n’est donc pas réservé à une “clientèle cible” : il joue un rôle d’ajustement fin, offrant de la souplesse à tous, selon les besoins de la journée ou de la semaine.

TAD et lignes régulières : quels bénéfices partagés pour la ville et ses habitants ?

Impossible de penser le TAD comme un gadget. À Bourg-en-Bresse, il est la solution qui évite... l’exclusion, la dépendance automobile ou le renoncement à sortir.

  • Optimisation des flux : sur les lignes peu fréquentées, le passage en TAD évite le maintien de bus “quasi vides”, réduisant l’impact environnemental et les coûts d’exploitation. Rubis estime à “500 000 km économisés en dix ans” grâce à ces ajustements sur l’ensemble du bassin (source : Keolis CA3B).
  • Réduction du temps d’attente : hors heures de pointe, le bus classique exige parfois une patience de 40 à 60 minutes. Le TAD, lui, s’adapte à la demande, propose des trajets plus directs et limite la perte de temps.
  • Affinement du maillage territorial : 86 % des habitants de la région urbaine de Bourg-en-Bresse résident désormais “à moins de 500 m d’un arrêt desservi par le TAD ou un bus régulier” (source : CA3B, Schéma Mobilité 2023).
  • Meilleure équité d’accès : pour les seniors, le TAD assure le lien vers les marchés, les centres médicaux, les équipements publics, mais aussi vers les proches (particulièrement utile pendant la crise sanitaire, où il a doublé sa fréquentation).

Exemples locaux : le TAD dans l’agglomération Bourg-en-Bresse

Plusieurs quartiers et communes illustrent le potentiel du TAD :

  • Quartiers périphériques (Peloux, Reyssouze, Gare Sud) : extension du TAD en 2021, permettant l’accès matinal à la gare SNCF depuis des coeurs de quartier excentrés, un service très apprécié des travailleurs frontaliers (source : Le Progrès, 2022).
  • Secteur de Tossiat et Saint-André-sur-Vieux-Jonc : absence de ligne régulière adaptée aux attentes du “dernier kilomètre”. Ici, le TAD assure la connexion avec les marchés, cabinets médicaux et la Poste du centre-bourg plusieurs fois par semaine.
  • “Rubis Access” : déclinaison PMR, seuls les TAD permettent à des résidents de rendre visite à leurs familles ou d’aller chez le kinésithérapeute, en porte-à-porte, sur réservation adaptée (possibilité d’accompagnement par un proche).

Une anecdote locale : en septembre 2023, un groupe de lycéens privés de bus scolaire suite à une suppression de ligne à Lent, ont été réorientés vers le TAD, le temps de trouver une solution. L’agilité du dispositif a permis de maintenir la scolarité de jeunes sans véhicule parental.

Les défis et perspectives du duo bus-TAD à Bourg-en-Bresse

Le TAD évolue, et de nouvelles attentes émergent :

  1. Digitalisation de la réservation : Depuis fin 2023, expérimentation d’une appli mobile Rubis pour réserver son TAD, simplifiant l'accès, notamment pour les plus jeunes ou les familles connectées (source : CA3B, communiqué 2023).
  2. Adaptation de la flotte : renouvellement progressif des minibus GNV ou électriques sur le TAD, dans le cadre de la transition écologique.
  3. Souplesse tarifaire : réflexion en cours sur des abonnements “mixtes” bus+TAD, pour réduire les freins psychologiques à l’usage du TAD en complément des lignes régulières.

Mais la sensibilisation reste indispensable. D’après une étude Commandée par la CA3B en 2022, “30 % des habitants ne connaissent pas bien le service TAD ou pensent qu’il est réservé à une catégorie d’usagers”. D’où l’accent mis désormais sur l’information et l’accompagnement à l’usage : réunions publiques, flyers en pharmacie ou en maison de quartier, sessions de “prise en main” pour les seniors (en partenariat avec le CCAS).

Des pistes pour demain : vers une mobilité encore plus inclusive à Bourg

Le transport à la demande, loin d’être un simple “supplément”, s’est imposé comme une solution structurante pour faire vivre tous les quartiers de Bourg-en-Bresse. Son rapprochement avec les lignes classiques, à travers une communication mieux ciblée, des services connectés et une tarification intelligente, permettra de renforcer l’agilité du réseau.

  • Proximité : améliorer la signalétique “physique” (totems, plans interactifs, QR codes sur les arrêts desservis par le TAD).
  • Solidarité : développer des navettes événementielles sur le modèle TAD pour les temps forts locaux (foires, Zénith, marchés de Noël).
  • Participation citoyenne : ouvrir davantage la conception du service aux retours des usagers, notamment seniors, jeunes et nouveaux arrivants, pour faire évoluer le maillage au plus près des besoins réels.

À mesure que Bourg-en-Bresse poursuit sa dynamique de transformation urbaine, l’articulation Bus/TAD se pose en clé-maîtresse d’une mobilité plus souple, équitable et accueillante à toutes les générations.

Pour aller plus loin : toutes les infos actualisées sur rubis.grandbourg.fr ; chiffres du Schéma Mobilité CA3B 2023 ; témoignages dans Le Progrès et enquêtes de l’Observatoire Mobilité.

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